Des « pansements intelligents » pour surveiller les plaies chroniques

Une puce électronique sur laquelle est aposé un pansement

Comment les médecins peuvent-ils être sûrs qu’une plaie est en voie de guérison sans ôter le pansement ? C’est un véritable casse-tête, car le fait de retirer le pansement peut interrompre le processus de cicatrisation. Cette technologie, présentée dans une nouvelle étude sur la revue en accès ouvert Frontiers in Physics, pourrait les y aider.

Ce nouveau « pansement intelligent » contient un senseur capable de mesurer de façon précise les niveaux d’humidité de la plaie et de transmettre ces informations vers un smartphone sans qu’il ne soit nécessaire de retirer le pansement. Selon le Dr Luca Possanzini, de l’Université de Bologne, en changeant la géométrie et les matériaux du pansement, à l’avenir les chercheurs pourraient être à même d’obtenir des pansements aux différentes caractéristiques et propriétés d’absorption, appropriés à chaque type de plaies, quel que soit le taux d’exsudat produit. Cette technologie pourrait aider les médecins à mieux surveiller les plaies pour de meilleurs résultats.

Les plaies chroniques peuvent être source de grande souffrance et d’incapacité chez les patients. Leur cicatrisation est délicate et de nombreux facteurs entrent en jeu (tels que la température, le taux de glucose ou l’acidité). Cependant, le facteur le plus important est le niveau d’humidité. Si c’est trop sec, le tissu peut se dessécher ; si c’est trop humide, il devient blanc et ridé, comme après un bain. Ces deux situations entravent le processus de cicatrisation.

Si un médecin souhaite vérifier les niveaux d’humidité d’une plaie, il lui faut enlever le pansement, manœuvre qui risque d’endommager le fragile tissu cicatriciel. C’est ce qui a inspiré ce pansement intelligent qui permet un contrôle des niveaux d’humidité de manière non invasive. Le choix du matériau a représenté un vrai défi, car les pansements doivent être biocompatibles, jetables et à un prix abordable.

Pour atteindre ce but, les chercheurs ont appliqué sur une gaze un polymère conducteur, le PEDOT:PSS, une combinaison de  deux polymères [poly(3,4-éthylènedioxythiophène) et poly(styrène sulfonate) de sodium] grâce à une technique appelée sérigraphie, et ont ensuite incorporé la gaze à des matériaux pour pansement disponibles dans le commerce. L’idée est que les changements du taux d’humidité au sein de la plaie provoquent un changement du signal électrique mesuré par le senseur.

Le PEDOT:PSS est un polymère organique semiconducteur qui se dépose facilement sur différents substrats, comme le ferait une encre standard. Dr Marta Tessarolo de l’Université de Bologne, auteure de cette étude, explique qu’une étiquette à radio-fréquence, jetable, biocompatible et au coût contenu, semblable à celles utilisées pour les étiquettes antivols placées sur les vêtements, a été incorporée au pansement. Elle peut ainsi communiquer à distance les informations sur le niveau d’humidité et permettre ainsi au personnel soignant de savoir quand changer le pansement.

Afin de tester ces pansements, les chercheurs les ont exposés à un exsudat artificiel. Plusieurs formes et matériaux ont été ainsi testés. Ce pansement s’est démontré hautement sensible et capable de fournir des informations drastiquement différentes selon les conditions d’humidité.

Sources :

News Medical

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